Bref historique des T23

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Bref historique des T23

Message  Docteur T23 le Ven 21 Jan - 9:04

Voici un petit résumé de l'histoire des Type 23 Citroën, tel que votre serviteur s'efforce de faire vivre et de réajuster sur Wikipedia en l'enrichissant de temps en temps. Les photos placées par d'autres internautes de Wikipedia ne sont pas complètement représentatives de la diversité des modèles. Pour le moment, nous ne nous occupons que tu texte, visible ici (version revue et corrigée en date du 19/01/11):

Le Citroën T23 fut le dernier véhicule conçu du vivant d'André Citroën. Son symbole usine est le "PUD" .

Il est à l'origine une camionnette puisqu'il fut réceptionné aux Mines le 25 avril 1935 avec un poids total en charge (P.T.C.) de 3 500 kg. Il est présenté au Salon de Paris d'octobre de la même année conjointement aux camionnettes et aux poids lourds de la marque.

Le Type 23 série U (ou T23 série U) est un véhicule de 1 500 kg de charge utile en version plateau, ce qui lui donnait une charge totale[2] de 2 300 kg (d'où sa désignation « 23 », avec « U » pour utilitaire).

Il utilise le moteur - moderne pour l'époque - de la Traction Avant 11 CV monté retourné (il entraîne les roues arrière par l'intermédiaire d'un arbre de transmission) et avec un sens de rotation inversé pour maintenir le sens de démarrage de la manivelle par la droite. La boîte de vitesses spécifique possède trois rapports très courts plus une prise directe. Le Type 23 plafonne à 70 km/h.

Sa cabine dérivée de la partie avant des « Rosalie » a été dessinée par Flaminio Bertoni, le créateur du dessin de la Traction Avant, de la 2 CV, de la DS, de l'Ami 6 et du camion « Belphégor ».

Le Type 23 Di, dévoilé au Salon de Paris 1936 équipé d'un moteur Diesel 4 cylindres de 1 767 cm3 (40 ch à 3 650 tr/min), est lancé en février 1937 toujours avec 1 500 kg de charge utile. Le moteur est alors un véritable Diesel Citroën construit sous licence Ricardo.

En 1939, l'armée française commande en urgence plus de 13 000 Type 23U avec des accessoires spécifiques tels que crochets de remorque, marche-pieds rallongés avec coffres spéciaux. Les premiers exemplaires sont encore équipés d'ailes galbées et biseautées sur la partie avant mais dès la fin 1939, apparaissent les ailes plates.

Le Type 23L série U est réceptionné aux Mines le 29 avril 1940. Son châssis est rallongé de 37 cm en empattement et son P.T.C. est de 3 800 kg. Ses ridelles plus longues sont en acier et non plus en bois et le plateau est désormais soutenu par cinq traverses au lieu de quatre. Dès leur arrivée à Paris en juin, les Allemands prennent possession de l'usine Citroën de Javel et y poursuivent la production des Type 23L série U.

En septembre 1941, le T23L devient T23R avec un freinage hydraulique et un châssis renforcé, le P.T.C. passant à 3 950 kg. En février 1945, le P.T.C. passe à 4 200 kg et fin juin 1952 à 4 500 kg. Cette dernière version possèdera des ailes avant galbées différentes des modèles d'avant guerre, qui retombent jusqu'au pare-chocs avant, de novembre 1952 à avril 1953. Ces ailes galbées seront encore modifiées, plus serrées sur les roues avant, avec des renforts dans leur partie arrière, entre mai et octobre 1953.

Progressivement surnommé « U23 » après la Seconde Guerre mondiale, le Type 23 sera équipé dès novembre 1953 d'une nouvelle cabine monocoque réalisée par la Carrosserie de Levallois, le châssis étant très peu modifié et s'appelant toujours Type 23R série U jusqu'en 1958. Il bénéficie d'une partie des progrès du moteur Traction Avant « 11D » dès mai 1955 puis de celui de l'ID 19, également en partie, en janvier 1964.

Présentée dès l'été 1958, une cabine semi-avancée est disponible en novembre 1958, toujours réalisée par la Carrosserie de Levallois, mais raccourcie d'un mètre. Par rapport aux modèles de présérie et aux premiers modèles de série, de très nombreuses modifications seront apportées par Citroën, telles que la modification de la direction jugée dangereuse, l'ouverture des portes vers l'arrière, un nouveau pédalier suspendu, la réduction des dimensions du capot moteur (accessible de l'intérieur). Par la suite, des sièges tubulaires seront montés et, à partir du Salon 1965, pour les versions essence comme les versions diesel, le filtre à air sera installé sous le capot cabine (accessible de l'extérieur).

Dès 1958, des moteurs Diesel Perkins 4 cylindres de 3 153 cm3 (52 ch à 2 400 tr/min) sont proposés en adaptation pour tous les T23, avec leur trousse d'adaptation fournie par la Société Française des Moteurs Perkins. Ce montage obligeait simplement le propriétaire du véhicule à passer les Mines à titre isolé. Devant le succès de ce moteur plus puissant, plus fiable et donnant plus de couple que le moteur Diesel Citroën d'avant Guerre, le Type 23-50 Di désormais équipé de série du moteur Perkins sera réceptionné aux Mines le 28 juillet 1960. Toutefois, chez Citroën, les numéros de série des 23-50 Di, à cabine Levallois normale comme à cabine Levallois semi-avancée, ne commenceront à être enregistrés qu'à partir de septembre 1961.

L'U23 sera produit jusqu'en 1969 [1], décliné à partir de novembre 1958 en 23-35 (3,5 t.), 23-45 (4,5 t.) et 23-50 (5 t.).

Le Type 23 a été équipé de toutes sortes de carrosseries, notamment toute une série de bennes - réalisées par Genève, Marrel, Samson ou Pillot - et de fourgons - Heuliez et Currus -, pour devenir un car, un bus, un corbillard, un camion-nacelle, un camion publicitaire ou un véhicule avec aménagements spéciaux.

Les firmes Herwaythorn et Sinpar proposeront des transformations de T23 en quatre roues motrices. C'est surtout Sinpar qui obtiendra le marché du 4x4 pour les T23, laissant à Herwaythorn une partie des 4x4 Citroën sur châssis T46 et T55. Pour le T23, Sinpar proposera une foule d'équipements, notamment des treuils, des prises de force, des réducteurs, des multiplicateurs, des transformations de châssis, ainsi que des remorques et un tracteur pour semi-remorque, l'ensemble du tracteur et de la remorque pouvant atteindre 6,8 t en charge.

Le Citroën T23 détient le record de longévité absolu de la marque Citroën dans sa période souveraine (entre 1919 et 1974) avec trente-cinq années de production ininterrompue.
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Re: Bref historique des T23

Message  Docteur T23 le Sam 8 Oct - 13:22

Quelques petits compléments sur la genèse de l’appellation "U23":

Pour rappel, certains auteurs qui disposaient, dans les années 1990, d'une quantité suffisante de documents pour faire un livre sur les camions, mais qui n'avaient forcément pas eu le temps de faire des recherches pointues sur chaque marque et sur chaque type de camion ont écrit que c'est à partir de novembre 1953 que notre camion se serait brusquement appelé "U23".

Mais nous savons aujourd'hui que c'est faux, pas seulement de part les témoignages d'anciens combattants de la Seconde Guerre et d'anciens mécaniciens qui connurent les Trente Glorieuses, mais de part plusieurs dizaines de cartes grises d'origine qui ont déjà été retrouvées avec comme mention dans la case "type" : U23, et ceci, dès 1945, pour des modèles datant parfois de 1937, les 23RU étant par ailleurs souvent confondus avec 23U par les préfectures.

Jusque dans les années 1930, devant la pléthore de constructeurs existants (plusieurs centaines, rien qu'en France), la tendance de nom d'usage, pour une voiture était de l'appeler par sa marque et sa puissance (par exemple 5CV Citroën, 6CV Renault). Pour un utilitaire, il était plutôt d'usage de le désigner par sa marque et son tonnage. Déjà, il est intéressant de constater que Citroën innove dès 1933 avec ses modèles T29 puis T32, T45 et T23 en appelant désormais sa gamme purement utilitaire par la mettre "T", qui pourrait désigner aussi le mot "Tare" mais alors dans le sens "tare du châssis nu", suivi d'un chiffre qui indiquait le nombre de quintaux admissibles sur ce châssis. La désignation du type suffisait déjà pour vendre le châssis ! Restait ensuite la carrosserie, et Citroën promettait de réaliser tout ce que le client pourrait imaginer ! Et pour l'anecdote, la littérature Citroën ayant souvent répété l'admiration de Ford par Citroën, il est aussi amusant de rappeler que les utilitaires Ford, dérivés de la "Ford T", étaient désigné comme "Ford TT"...

Mais dès les années 1930, et sans que l'on arrive toutefois à l'expliquer de façon purement rationnelle, la plupart des modèles de l'usine Citroën (là où l'on avait inventé la publicité moderne, donc l'art de faire parler de ses produits), sont parvenus à se faire donner par le public des surnoms, phénomène qui était plus rare à l'époque, pour les autres constructeurs. Parmi les exceptions connues "la Coccinelle", chez VW, "le Nez de cochon", chez Peugeot pour les D3 et D4 (même si ce surnom est aussi celui de la cabine avancée T23...).

Le surnom "U23" est celui du T23, tout comme "P45" celui du T45, tout comme "Rosalie" pour les Type 8, 10 et 15CV, puis 7U et 11U, du Salon 1932 au Salon 1938, tout comme "Traction" pour les 7, 11 et 15CV Citroën, tout comme "TUBE" pour les Type H, HY, HZ, HW, etc...

Et force est de constater aujourd'hui que la plupart des voitures de notre époque, quel que soit la marque et la provenance, portent leur propre "nom" de modèle (Clio, Xsara, Yaris, Duster, Mito, RAV4, Mégane...), désormais imposé par le constructeur, dès la sortie du modèle.

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